Poissons
L'essentiel
L’estuaire de la Loire offre aux poissons des eaux plus ou moins salées, plus ou moins turbides, plus ou moins oxygénées.
Dans les inventaires réalisés entre 1977 et 2019, le protocole cible les espèces bentho-démersales. Il n’a pas pour objectif d’avoir une vision exhaustive du peuplement, mais souligne la fonction de nourricerie et d’alimentation assurée par les vasières.
Sur les 30 inventaires analysés, 90 espèces, représentant six guildes écologiques, sont recensées entre Oudon et l’estuaire externe. Seulement une partie (20%) fréquente régulièrement l’estuaire et très peu d’entre elles y effectuent tout leur cycle biologique, beaucoup y viennent pour se nourrir et grandir. D’autres espèces, encore, transitent par l’estuaire pour aller et venir entre mer et rivière.
Les espèces marines sont dominantes aussi bien en nombres d’espèces qu’en abondance. Elles font de la zone polyhaline la partie de l’estuaire à la richesse spécifique la plus forte. Certaines espèces marines colonisent activement l’estuaire au stade juvénile à des fins trophiques : les vasières représentent des zones de nourriceries essentielles pour ces espèces, dont la sole et le bar sont les principaux représentants.
Entre Cordemais et Saint-Nazaire, sole, flet, bar et gobies sont les espèces le plus fréquemment retrouvées en quantité importante depuis 2006. La sole domine le peuplement, excepté en hiver.
Source : GIP Loire Estuaire
Illustration, graphique
Répartition de la richesse spécifique par guilde écologique
Richesse spécifique par domaine halin et par inventaire
Densité moyenne par domaine halin des inventaires DCE en automne
Densité moyenne par domaine halin des inventaires DCE au printemps
Les densités varient aussi selon les saisons. Les quantités de poissons présents dans l’estuaire sont généralement plus élevées en début d’automne qu’au printemps. A cette saison, les apports en eau douce sont encore importants, donc les salinités faibles, ou les températures sont trop basses pour que certains poissons marins entrent dans l’estuaire. les fortes densités observées en mésohalin en 2017 sont principalement dues aux effectifs de sole.
Densités par inventaire et par zone entre mai et octobre depuis 1993
Les surfaces de vasières ne sont pas distribuées uniformément le long de l’estuaire. La superficie des surfaces marnantes entre Cordemais et Donges (secteur intermédiaire) est 3 fois moindre qu’entre Paimbœuf et Saint-Nazaire (secteur aval). Le secteur intermédiaire, entre Cordemais et Donges, semble davantage exploité depuis 2006, au détriment du secteur aval. Cependant, les fortes densités mesurées certaines années compensent la plus faible surface de vasières disponibles dans cette zone.
Biomasses par inventaire et par zone entre mai et octobre depuis 1993
L’analyse de l’ensemble des inventaires semble montrer l’augmentation des biomasses de poissons. Mises à part les années 2008 et 2011, les biomasses sont en effet plus élevées depuis 2006 que dans les années 1990. En 2008, le mauvais recrutement des soles et les débits soutenus jusqu’en juillet peuvent expliquer ces résultats. En 2011, l’étiage particulièrement précoce, long et marqué, entraînant notamment des déficits en oxygène dissous dans l’estuaire explique au moins en partie les faibles biomasses mesurées. C’est le cas également en été 2019 : les mois de juillet et août ont été parmi les plus secs mesurés depuis 1900.
Cartes
Aire de répartition maximale des espèces les plus fréquentes lors des inventaires des printemps 2011 (149 m3/s) et 2013 (1511 m3/s) avec les domaines halins correspondants
Les aires de répartition des différentes espèces varient en fonction des conditions hydrologiques et environnementales. Les espèces d’origine marines ne sont présentes qu’en aval de Nantes. La comparaison des 2 situations hydrologiques extrêmes des inventaires montre que les aires de répartition des principales espèces marines sont bien corrélées aux débits et donc à la salinité.
Réalisation : GIP Loire Estuaire